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Culture

Saint-Brieuc: Le festival Photo Reporter se veut un laboratoire renouvelant le genre.

Le 2 octobre 2013 par Erwann Lucas-Salouhi
Catalina Martin-Chico/www.festival-photoreporter.fr

Le festival Photo Reporter de Saint-Brieuc, qui ouvre ses portes le 19 octobre, se veut ambitieux en donnant une grande liberté de création pour les projets retenus tout en réfléchissant à une autre approche du mode de production et de diffusion

Réussir en deux éditions à s’imposer comme une référence dans les festivals consacrés à la photographie, c’est le pari réussi par Photo Reporter de Saint-Brieuc, en proposant des créations uniques produites pour l’occasion.

« On produit tout ce que l’on présente, à 99%. Nous sommes le seul événement photo au monde à agir de la sorte et on représente plus largement 10% des bourses mondiales consacrées au photo journalisme », explique Alexandre Solacolu, le directeur du festival.

Une contribution modeste pourtant, puisqu’elle ne représente « que » environ 150.000 euros. Mais dans un contexte économique difficile, qui se traduit par une presse en crise autant conjoncturelle que structurelle et qui épargne encore moins les photo reporters, elle permet d’irriguer la création.

« Nous n’avons pas vocation à être une agence de presse, nous sommes un outil d’intérêt général et travaillons sur le principe du mécénat, en voulant donner les moyens aux photographes de réaliser leur travail », précise M. Solacolu.

Après le festival, les productions prennent le circuit traditionnel. Ainsi, environ les deux tiers des exposants de la première édition ont pu vendre, pour leur propre bénéfice, les photo reportages réalisés avec le soutien de Photo Reporter, à des magazines souvent prestigieux comme Géo ou Time Magazine

Libérer les formes de création.

Le festival est né de la volonté de son directeur, Alexandre Solacolu, de proposer un événement qui puisse à la fois soutenir une profession en plein crise tout en animant et valorisant un territoire, la baie de Saint-Brieuc, grâce à la culture.

« Je travaillais déjà avec des photo reporters, Franck Vogel en particulier, avec qui je produisais des sujets et des expositions. On s’est dit que les outils mis en place pouvaient convenir à d’autres photographes et que le meilleur moyen de le faire était grâce à un festival », détaille le directeur.

Avec le soutien de l’agglomération et de plusieurs acteurs économiques locaux, le festival lance un appel à projets qui reçoit plus de 300 propositions, parmi lesquelles 13 ont été retenues, avec comme idée phare de « libérer les formes de créations tout en faisant en sorte de trouver un équilibre éditorial sur les sujets présentés, pour éviter la redondance ».

« On fait un appel à projet avec pour seule contrainte une exposition d’une trentaine d’images, totalement libre sur les sujets et sur la forme. Mais on s’est rendu compte que les photographes avaient des réflexes de travail. Dans leur approche, ils ont en tête de publier dans un magazine, ils ne se lâchent pas trop », explique Alexandre Solacolu.

« On tente de créer une passerelle »

Au final, ce sont donc 13 projets qui ont été retenus pour cette édition 2013, pour une dotation moyenne de 8.000 euros. Des projets présentés bien souvent par de grands noms du photo reportage qui sont « pour l’instant favorisés par le mode de sélection », admet M. Solacolu.

« On reçoit plus de 300 propositions venant de 40 pays, c’est vrai que lorsque l’on lit les synopsis tous les projets sont magnifiques, mais parfois ça peut ne rien rendre en photo, il y a une forme de confort à se tourner vers des photographes établis », reconnait-il, « mais on aimerais contribuer à renouveler le genre ».

Un renouvellement qui passe par une place laissée aux jeunes photographes, dont cinq projets ont été retenus dont un par un jury lycéen, en collaboration avec le magazine Phosphore, sur le thème « Jeunes et Bretons ». Sujet retenu: « Portrait de la jeunesse afro-armoricaine » et le regard porté sur ses jeunes vis-à-vis de leur identité bretonne.

« Plus largement, on tente de créer une passerelle entre les jeunes photographes bretons et les milieux professionnels ainsi que ces photgraphes de renommée mondiale qui exposent, nous souhaitons irriguer la photo sur la Bretagne, qui est un carrefour de rencontre et d’échange », ajoute Alexandre Solacolu.

« Nous voulons être un laboratoire de nouvelles formes de productions et de diffusion, avec cette jeune génération qui se montre très créative, décomplexée, plus engagée et innovante et qui a en plus un rapport sain à l’argent », conclut le directeur du festival.

Un festival qui a déjà trouvé son public, puisque près de 80.000 personnes se sont rendus sur les différents lieux d’exposition au cours des trois semaines il y a un an. Un chiffre qui promet d’être en hausse pour cette deuxième édition.

 

Pour en savoir plus: www.festival-photoreporter.fr

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