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Diaspora

Le Club Erispoë réfléchit à la Bretagne de demain

Le 27 septembre 2013 par Erwann Lucas-Salouhi
Pour son premier séminaire, le Club Erispoë a rassemblé 75 jeunes issus des différentes écoles et universités bretonnes (Corentin Biette/Breizhbook)

Ils ont entre 18 et 27 ans, étudient tous dans les plus prestigieuses écoles de la République et ont décidé de réfléchir à la Bretagne de demain en créant le Club Erispoë.

En cette fin de mois d’août, ils sont 75 à se retrouver dans les locaux de l’Institut de Locarn, dans les Côtes d’Armor, pour le premier séminaire du Club Erispoë. Pendant deux jours, ils sont venus parler et débattre autour de la Bretagne et participer à des conférences.

« On visait une petite centaine de participants, nous sommes donc plutôt satisfaits » estime Alexandre Gallou, l’un des membres fondateurs.

« A l’origine, nous voulions regrouper des étudiants des grandes écoles mais finalement les participants étaient de tous milieux. Notre première volonté c’est de leur montrer qu’ils ne sont pas seuls dans leur bretonnitude » affirme Alexandre.

Le jeune homme, étudiant à HEC et AgriParisTech, fait partie du noyau des fondateurs du Club, créé il y a un an et qu’ils décrivent comme un Think Tank (un laboratoire d’idées) consacré à la Bretagne et son avenir, politique et économique.  Un Club qui prend le nom du premier roi de la Bretagne indépendante, Erispoë.

« L’idée première a été de réfléchir à un modèle économique et politique alternatif. Nous avons donc cherché à faire le tour de tout ce qui pouvait se faire, essayé de voir comment pouvaient se transposer les modèles politiques d’entités géographiques présentant des similarités avec la Bretagne, comme la Suisse, les Pays-Bas ou le Danemark », détaille Alexandre.

« L’enjeu c’est d’avoir plus de pouvoir au niveau de la Bretagne mais attention, il ne faut pas confondre autonomisme, régionalisme et indépendantisme, l’indépendance ce n’est pas pour demain mais l’autonomie ça peut l’être, il y a des étapes », prévient-il.

Né d’une rencontre avec Patrick Le Lay.

C’est d’une rencontre entre Alexandre Gallou et Patrick Le Lay, l’ancien président de TF1, que naît le Club Erispoë.
« Il avait la volonté de s’entourer de plusieurs jeunes, afin de réfléchir sur ces idées, il m’a donc demandé de réunir un petit groupe issu des grandes écoles », explique Alexandre.

Pendant six mois, les cinq étudiants se réunissent régulièrement, près d’une semaine sur deux, au domicile de Patrick Le Lay, autour d’un buffet, afin de réfléchir aux thèmes qu’ils se sont fixés.

« Il joue un peu un rôle de guide, qui a des idées très fortes sur la Bretagne et une vraie volonté de les transmettre aux plus jeunes. Et puis il dispose d’un carnet d’adresses au sein des Bretons de Paris, entre autres, assez exceptionnel et qu’il nous ouvre », précise Alexandre.

Au bout de quelques mois, les discussions s’essouflent un peu, ce qui pousse les cinq jeunes gens à organiser le séminaire de Locarn, « bon, en sachant que nous ne sommes pas organisateurs d’événements et nous n’avons pas la volonté de l’être, le Club avait un côté informel qu’on a envie de garder, sinon ça devient trop compliqué à gérer ».

Ils seront donc 75, de 18 à 27 ans, à se retrouver à Locarn pour discuter.

« Ils sont en train de rentrer dans le système français, nous voulions leur montrer que l’on pouvait penser autrement et imaginer une carrière ailleurs qu’à Paris » précise Alexandre.

« Casser le système centralisé »

Mais pour une région qui forme beaucoup de diplômés du supérieur, la principale difficulté est d’avoir la capacité d’absorber cette main-d’œuvre qualifiée alors que les débouchés sont limités.

« Il est nécessaire de faire revenir des emplois décisionnels en Bretagne, car il y a énormément de choses à y faire. Et pour cela il faut casser le système centralisé français. Mais également oser créer de l’activité et entreprendre, oser être les commandos qui manquent parfois à l’économie bretonne », explique Alexandre.

« Les participants ont pris conscience des réalités bretonnes je pense, ainsi que des enjeux dont ils n’avaient parfois même pas entendus parler avant, telles que les questions énergétiques ou de reconversion industrielle, ils se sont interrogés sur le projet de vie qu’ils pourraient vouloir », se félicite Alexandre.

Ce rassemblement a également permis au Club Erispoë de s’agrandir et d’ainsi pouvoir repartir sur une nouvelle année avec une nouvelle thématique, en se penchant cette fois sur les secteurs d’avenir en Bretagne.

« Là encore on va se baser sur les travaux déjà faits et réfléchir à partir de là, j’espère que l’année prochaine nous serons en mesure de proposer un séminaire aussi riche que cette année », conclut Alexandre.

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