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Éducation

La Bretagne à l’université de 7 à 77 ans…

Le 17 juin 2014 par Françoise Thomas

Initialement le plus ancien diplôme de l’Université Rennes 2, le diplôme d’études celtiques a été remis au goût du jour en 2013 par l’universitaire Ronan Le Coadic. Et il rencontre un certain succès, bien au-delà des cercles estudiantins habituels.

Ils ont tous les âges: beaucoup sont étudiants, d’autres travaillent quand certains ont tout un parcours de vie derrière eux. Mais tous partagent, pendant une année universitaire, leur envie de mieux connaître la Bretagne et le monde celte avec, pour objectif, un diplôme d’études celtiques.

En fait, il s’agit du plus ancien diplôme universitaire de l’université de Rennes. Créé en 1911 par le linguiste Joseph Loth et abandonné pendant de longues années, il a été sorti des limbes à la rentrée 2012 par Ronan Le Coadic, professeur au département de breton et celtique de Rennes II.

« L’idée est d’approfondir les connaissances sur la Bretagne et les pays celtiques. On se rend compte qu’il y a une énorme demande en ce domaine. Dans un sondage mené pour Bretagne Culture Diversité (BCD), 60% des sondés disaient qu’ils aimeraient en savoir plus sur leur culture et leur histoire », explique Ronan Le Coadic.

« C’est ouvert à tout le monde, étudiants, non étudiants, français ou étrangers, en activité ou retraités, et même à ceux qui n’ont pas le bac. C’est un vrai brassage. Et, en plus, l’ambiance y est formidable, bien plus dynamique que partout ailleurs » à l’université, assure-t-il.

Des étudiants viennent conforter ce constat: « nous avons le sentiment d’avoir été privilégiés et nous voulons partager ce privilège », résument ainsi en choeur Jacques Le Failler, qui a laissé son nom à l’une des plus célébres librairies de Rennes, et Guy-Christophe Coppel qui lui, a passé une partie de sa carrière professionnelle aux Etats-Unis où il travaillait pour la Nasa.

« Imaginez: par exemple, pour faire le point sur la spécificité de la musique et du chant en Bretagne, nous avions quelqu’un comme Yann-Fanch Kemener! », s’étonnent-ils encore. « Nous avions les meilleurs spécialistes dans chaque domaine qui nous apportent une mise à jour complète de nos connaissances sur l’ensemble de la Bretagne et des pays celtiques », poursuivent-ils, enthousiastes.

 

 

Quand la formation théorique est rattrapée par l’actualité

« Personne n’arrive vierge de connaissances sur la Bretagne. Mais comme l’Etat jacobin ignore superbement les peuples qui le composent, cette formation, c’est l’exigence d’un savoir universitaire incontestable. On ne peut plus nous dire qu’on raconte n’importe quoi sur la Bretagne », se réjouissent-ils. « Ce diplôme est un moyen de combler, de façon scientifique, un besoin extraordinaire de connaissances sur la Bretagne ».

Pour cette deuxième année, baptisée Emile Masson -du nom de l’écrivain et intellectuel libertaire breton dont la pensée alliait internationalisme et identité bretonne-, la promotion comptait 25 étudiants, contre une dizaine la première année. L’idée est bien évidemment de pérenniser cette formation et d’élargir le cercle de ses étudiants.

Les cours sont regroupés sur un après-midi, à raison de six heures par semaine pour un total de 150 heures. Ils permettent d’explorer l’histoire et la géographie de la Bretagne, de pénétrer l’univers de la création littéraire, artistique et musicale de Bretagne et de s’initier à l’oralité de langue bretonne. Il fournit également un éclairage sur la vie économique, sociale et politique de la Bretagne contemporaine. « Nous avons tous été passionnés. Et en plus, dans le contexte de tout ce qui s’est passé en Bretagne cette année, c’était formidable. Certains enseignants ont d’ailleurs été surpris de se voir un peu titillés », observent, un brin ironiques, les deux étudiants.

Par ailleurs, en complément à cette formation, il est proposé aux personnes qui le souhaitent d’apprendre une langue celtique: le breton ou l’irlandais, en initiation ou en perfectionnement. Ceux qui optent pour cet apprentissage linguistique peuvent prétendre au diplôme universitaire supérieur d’études celtiques.

« Oui, dans tous les cas, il y a un diplôme. Mais l’intérêt, c’est beaucoup plus la formation que le diplôme en lui-même. L’idée, c’est de faire appel à des spécialistes d’univers très différents et de diffuser la connaissance,, un peu dans l’esprit des universités populaires », souligne le promoteur de cette initiative.

L’université de Rennes est la seule à proposer une formation de ce type qui fera peut-être des émules: « au Conseil national des universités, les Occitans, qui n’ont rien d’équivalent sur leur propre culture, se sont montrés très intéressés », se réjouit Ronan Le Coadic.

 

 

Les inscriptions pour la prochaine rentrée universitaire sont ouvertes jusqu’au 9 juillet au secrétariat du Centre des langues de l’Université de Rennes 2: Anne Marie Le Goaziou 02 99 14 16 07.

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