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Rennes et Guingamp offrent une nouvelle fête à la Bretagne au Stade de France

Le 30 avril 2014 par Erwann Lucas-Salouhi

Samedi, pour la deuxième fois de l’Histoire de la Coupe de France, deux clubs bretons s’affronteront en finale, au Stade de France. Une sorte de match retour, après la finale de 2009 qui avait vu l’En Avant de Guingamp l’emporter face au Stade Rennais dans l’une des meilleures ambiances que le stade ait connu depuis la finale de la Coupe du Monde en 1998.

Comme en 2009 donc, deux clubs bretons s’affronteront en finale de la Coupe de France, dans un match qui fera office de revanche, tout particulièrement pour le Stade Rennais, battu il y a cinq ans par l’En Avant de Guingamp, 2 buts à 1. Mais avant tout, ce match sera l’occasion d’une nouvelle fête pour les amoureux du football en Bretagne, à l’image de l’édition de 2009, qui avait vu le Stade de France enregistrer son record d’affluence pour un match de football.

A bien des égards, le match de 2009 avait été un vrai moment de communion autour de la Bretagne, se terminant par un Bro Gozh Ma Zadou chanté à capella par Alan Stivell, dans un Stade de France se vidant de ses spectateurs, bien après le tour d’honneur des Guingampais. Un tour d’honneur qui représentait en soit un moment unique également puisque, chose rare, les supporters du club vaincu étaient restés, rendant hommage aux vainqueurs, comme rarement cela s’est vu en finale de Coupe de France.

Avant cela, les bagadou avaient chauffé le Stade, avant l’entrée des joueurs, dans une ambiance bon enfant qui avait surpris les policiers en charge de la sécurité, habitués à un tout autre type de rapport entre supporters adverses autour de l’enceinte dyonisienne. Car avant d’entrer dans le stade, dans les effluves de galettes-saucisses, supporters rennais et guingampais se chambraient gentillement, échangeant quelques provocations bien légères autour de verres de bière.

Au milieu, une poignée de supporters lorientais avaient tenu à participer à la fête, avec leurs maillots tango. Leur entrée dans leur tribune, bien après l’immense majorité des spectateurs, avait donné lieu à une grande ovation de la part du reste du Stade, où les tifos des deux côtés n’ont toujours pas été égalés depuis.

Nul doute que l’ambiance sera de nouveau la même samedi, une ambiance qui risquera de transcender des joueurs qui n’imaginaient sans doute pas, à certains moments de la saison, se retrouver au Stade de France début mai. On peut envisager que les deux seuls joueurs bretons qui devraient être présents au coup d’envoi, Christophe Kerbrat côté guingampais et Romain Danzé côté rennais, seront tout particulièrement motivés. Il est toujours possible de regretter, au passage, un si petit nombre de joueurs du cru dans les clubs armoricains mais samedi, cela importera peu.

 

 

La pression sur le Stade Rennais

Alors certes, pour les deux clubs ce match représente avant tout un enjeu sportif. Il s’agit d’ajouter un second trophée à celui remporté en 2009 pour l’En Avant Guingamp, dépoussiérer une armoire vieille de plus de 40 ans pour le Stade Rennais, qui aura aussi la tâche de gagner le tout premier titre de l’ère Pinault, débutée en 1998 et pour l’instant guère couronnée de succès, même si elle a eu le mérite immense de stabiliser le club parmi les dix meilleurs de France.

Une fois de plus, il est évident que la pression sera sur le Stade Rennais. Finaliste déçu en 2009 donc, de nouveau au Stade de France, pour la Coupe de la Ligue cette fois, l’année dernière, demi-finaliste en 2012, le club de la capitale bretonne court désespérément derrière un trophée, lui qui n’a plus rien remporté depuis 1971, à l’exception d’un titre de Champion de France de deuxième division en 1983. D’autant qu’une victoire permettrait au Stade de rejoindre au palmarès le FC Nantes, avec trois coupes remportées.

Un trophée que le club avait touché du bout des doigts en 2009, en ouvrant la marque peu après l’heure de jeu, avant qu’un Eduardo de feu ne renverse la tendance et donne finalement la victoire à l’En Avant Guingamp. Un match symptomatique des maux rennais et de leur incapacité, depuis de nombreuses années et quels que soient les joueurs, à résister à la pression dès lors qu’il s’agit de gravir la dernière marche.

Alors forcément, un nouvel échec serait particulièrement mal vu de la part de l’actionnaire, la famille Pinault, qui, malgré son attachement véritable au club, pourrait finir par perdre patience face à tous ces échecs. Sans compter l’esprit de revanche, quand bien même il serait amical et que, à l’exception de Romain Danzé, pas un seul joueur de la finale de 2009 ne sera présent sur la pelouse samedi, de part et d’autre.

Enfin, à l’inverse des autres années, le Stade Rennais n’a plus rien à jouer en championnat, après une saison plutôt décevante durant laquelle le club a plus flirté avec la zone de relégation qu’avec les places européennes qu’il convoitait nécessairement à l’orée de la saison. L’année dernière Rennes était en course pour une qualification via le championnat, avant de s’effondrer totalement après la défaite contre Saint-Etienne. Cette année la Coupe de France sera une excellent moyen de sauver sa saison.

 

 

Le Bro Gozh Ma Zadou en préambule au match

A l’opposé, Guingamp est de nouveau dans la situation de 2009. Comme lors de son succès, le club est à la lutte pour ne pas descendre en championnat. Après un bon début de saison, les derniers mois ont été plus difficiles. Certes, la victoire le week-end dernier contre Valenciennes, un concurrent direct, donne un sacré bol d’air aux costarmoricains, mais le retour quasi inespéré de Sochaux maintient la pression sur les joueurs de Jocelyn Gourvennec.

Clairement, la Coupe n’est pas la priorité pour l’EA Guingamp. Non pas qu’un nouveau trophée, qui plus est remis par l’ancien président emblématique du club, Noël Le Graët, désormais président de la Fédération Française de Football (FFF), ne satisferait pas le petit poucet de la Ligue 1, mais l’important reste le maintien pour lequel le club risque de devoir lutter jusqu’à la dernière journée du championnat, malgré une situation qui lui est pour l’instant favorable. Autant de conditions qui devraient permettre au club costarmoricain de jouer l’esprit bien plus léger que ses adversaires.

Pour la Bretagne du football, dans tous les cas, c’est d’ores et déjà une victoire. Dans tous les cas le trophée reviendra dans la région, comme en 2009 ou en 2002 (victoire de Lorient), pour la septième fois depuis la création de la compétition. C’est également la certitude de voir l’année prochaine la péninsule représentée en Ligue Europa, en espérant cette fois une campagne plus enthousiasmante que les dernières en date.

Mais surtout, cela devrait être de nouveau une vraie fête pour la Bretagne. Comme en 2009, le Conseil régional a prévu de placer 20.000 gwen ha du au Stade de France, qui deviendra, l’espace d’une soirée, le Stade de Bretagne. A l’inverse de 2009 en revanche, le Bro Gozh Ma Zadou sera, cette fois, joué officiellement avant la finale. Lors de la première finale, la FFF avait refusé que l’hymne breton fasse partie du protocole, ce sera le cas cette fois. Les spectateurs du Stade de France auront donc le plaisir d’entendre Nolwenn Leroy l’interpréter avant la présentation des équipes.

Reste une petite interrogation: le président de la République descendra-t-il sur la pelouse saluer les joueurs, comme le veut la tradition? En 2009, Nicolas Sarkozy, guère en odeur de sainteté dans la péninsule à la suite d’une série de propos désobligeants à l’égard des Bretons, ne l’avait pas fait, arrivant au Stade après le coup d’envoi. François Hollande pourrait être tenté d’agir de la même manière,tant sa cote de popularité est en chute libre en Bretagne, une région qui l’a pourtant porté au pouvoir en 2012. Mais quel que soit son choix, cela restera anecdotique et dans tous les cas ne viendra pas troubler cette fête de la Bretagne.

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